Un petit clic clic sur la photo et elle sera plus grande et plus jolie !
O rage, O déception, O colère !
Voilà bien trois mots qui résument mon état d’esprit après avoir parcouru les stands du vide greniers d’automne.
Premier stand : des rums (bon, je m’en moque !). Mais voila-t-y pas que je me fais agresser verbalement dans un très mauvais français, parce que je prenais en photo une horrible araignée sur le stand de ce monsieur aux deux ceintures pour retenir un pantalon plein de tâches, remonté presque sous les bras, à la barbe sale et, je n’en suis pas certaine, mais déjà à l’haleine bien fétide d’un état de bouteille assez avancé. Un stand plus que sale, crasseux, de ces choses ramassées n’importe où et posées là, cassées, tâchées, humides et nauséabondes, bref, ragoutantes. Je reconnais la femme avec sa longue robe colorée, ses petites chaussettes courtes et son foulard. Je me souviens soudain l’avoir vue près des conteneurs du cimetière, elle mettait ses enfants dans le conteneur, ceux-ci vidaient les choses de l’intérieur et les jetaient à même le sol. Mais comme mieux vaut ne rien dire plutôt que de prendre un mauvais coup (pour ce côté-là j’ai eu ma dose quand je travaillais ! Alors maintenant je me la boucle !), je passe. A mon retour, le conteneur était renversé et tout était sur le trottoir, les sacs éventrés ! Ce matin, les mômes étaient là aussi, qui tournaient autour des badauds !
Bon, je continue ma visite : un, deux, trois, quatre stands… : des arabes, des femmes voilées, des rums et des indiens ! Non non non je ne suis pas raciste (j’ai été mariée à un sicilien-italien-tunisien, un kabyle et j’ai vécu avec un autre Algérien et un Malgache ! J'ai des origines espagnoles et asiatiques, ma soeur est mariée à un espagnol, ma fille à un italien !). Les stands étaient le plus souvent des fringues posées à même le trottoir, en vrac, des choses qui venaient tout droit des poubelles ! Quand, tout à coup, je vois… la fille d’une femme marocaine qui a longtemps pleuré misère auprès de moi et d’autres de mes amies, à qui nous avons donné des tas de choses : vêtements, sacs, foulards, lunettes de soleil, chaussures et bottes… Et là ! Je sens une grande vague de chaleur me monter au visage depuis les pieds : je reconnais mes affaires. Pour en avoir le cœur net, je saisis un de mes sacs et je l’ouvre : c’est bien le mien, mon nom et le nom de ma ville figurent encore à l’intérieur (je marquais toujours mes affaires lorsque je travaillais car j’avais à faire à beaucoup de monde, je me déplaçais beaucoup aussi). Mes lunettes de soleil portent encore mes initiales de travail JAC, gravées. Ben merde, je deviens verte, blanche, bref, je passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Je sens même le feu sortir de mes narines comme un taureau de fuego ! Mes yeux s’exorbitent, mes cheveux se dressent sur ma tête ! Je ne sais même plus quels sentiments m’animent : colère, rage, et surtout le sentiment le plus fort : celui de m’être faite avoir en beauté par les gémissements de cette femme, une de mes voisines pourtant, une femme que je croyais sincère avec ses petits airs si malheureux. Je comprends mieux maintenant que lorsque je lui demandais pourquoi elle ne prenait pas le sac que je lui avais donné pour remplacer le vieux truc pourri et tout épluché qu’elle trainait, elle me répondait qu’elle ne le prenait que le week-end parce qu’elle avait peur de l’abimer ! Et mes lunettes ? Et bien elle ne se souvenait même pas que je lui en avais données, tout comme les écharpes, les foulards, les manteaux. Je comprends, ils étaient au fond d’un sac, prêts à être vendus ! La mauvaise foi de cette femme, je me suis bien fait manipuler. Mais je l’attends, quand je vais la croiser, même s’il y a du monde autour de nous, je vais lui parler de « mon bled à moi ! »
Du coup ma visite sur ce vide greniers m’a laissé un goût amère, juste quelques photos, un peu de discutaille avec des personnes de connaissance et hop, me voilà rentrée chez moi, la colère au ventre !
Ce n’est pas un vide greniers mais un vide conteneurs !
Mais bon, allez, je vous mets quelques photos qui sortent un peu de l’ordinaire, sur des stands « normaux ».