LA PIVOINE
(Cliquez sur les photos, elles seront plus belles !)
Quelques unes de mes photos de pivoines rencontrées lors d’une balade. Je n’ai pas eu le cœur de sélectionner les meilleures photos parmi ces dernières
La pivoine est le symbole de l'amour maternel et de la sincérité en Occident.
En Chine La pivoine est signe de richesse et d'honneur.
La blanche dit : « soyez vigilant» -
La rose : « comptez sur moi fermement : vous aurez la preuve de mon amour »
La rouge : « je vous suis reconnaissante et mon amour veille sur vous »
Nom scientifique : paeonia
Famille : Jusque dans les années 1950, les botanistes ont classé la pivoine dans la famille des Renonculacées. Mais au vu de ses nombreuses particularités, on créa une nouvelle famille botanique appelée Paéoniacée.
HISTORIQUE
La Chine considère la pivoine comme la reine des fleurs depuis au moins 2 000 ans ; elle est même là-bas plus importante que le chrysanthème.
La pivoine originelle est la rouge (mudan), mais il y eut des pivoines blanches avant l'an Mil.
Plusieurs traditions célèbrent la pivoine :
Son nom est le symbole d'une jeune fille intelligente et belle, comme celle qui défia l'immortel Lou Dougbin de l'aimeret finit par le vaincre après plusieurs nuits infructueuses en... le chatouillant !
Les peintres représentent souvent la pivoine butinée par une abeille et un papillon : c’est que la pivoine - la jeune fille - est en fleuret qu'il est temps que le jeune homme - l'abeille et le papillon - la cueille.
Elle est le symbole du printemps, comme le lotus, le prunier et le chrysanthème illustrent l'été, l'automne et l'hiver.
UN BRIN D’HISTOIRE
Arrivée de chine, la pivoine a été introduite en Angleterre vers 1795 et s’est répandue dans les jardins français vers les années 1800.
L’impératrice Joséphine reçut en cadeau quelques plants pour les jardins de la Malmaison. A sa mort, l’Europe comptait plus de deux cents espèces de pivoines.
Les Chinois et les Japonais sont les spécialistes de la culture des pivoines. Chaque année, une grande fête est organisée en son honneur pour sélectionner les meilleures fleurs
Des textes antiques nous prouvent que les Grecs étaient déjà conscients des nombreuses vertus qu’offre la pivoine. Vers 400 ans av J.-C., le fameux médecin grec Hippocrate se servait de la plante dans le traitement de l’épilepsie, pour favoriser les menstruations et l’expulsion du placenta après les accouchements

On sait également qu’il y a environ 2000 ans, la Chine commença à cultiver la pivoine comme plante médicinale pour traiter diverses affections, comme la paresse hépatique ou les faiblesses du sang. Il faudra attendre 500 ans avec l’arrivée de la dynastie Song (960-1279) pour que la pivoine soit appréciée pour ses qualités esthétiques et son incroyable parfum. Elle orne alors les palais impériaux et inspire les artistes qui la déclinent en peinture, porcelaine, poteries… Une admiration qui ne cessera de grandir au point que la pivoine soit considérée par les Chinois comme la reine des fleurs. Cette fleur est aujourd’hui adulée autant pour son opulente beauté que pour ses vertus médicinales. Elle est encore très cultivée pour la production de médicaments, fabriqués à partir de l’écorce de ses racines.
MYTHES ET LEGENDES
Entre la pivoine et les dieux, c’est une histoire sans fin et pleine d’ambivalence. Dans son Iliade, Homère est le premier à donner ses lettres de noblesse à la fleur au travers de l’histoire de Péon. Ce médecin des dieux de l’Olympe aurait guéri Hadès, blessé mortellement par Hercule, grâce à la racine de pivoine.
Dans une autre légende grecque on raconte que la nymphe Péone était si courtisée par les dieux qu’une déesse, folle de jalousie, l’aurait transformée en une fleur aux mille pétales : la pivoine.

Théophraste considérait la pivoine comme une plante magique, liée au cosmos tout entier. Il préconisait des règles très spécifiques pour sa cueillette, car mal exécutée, celle-ci pouvait conduire à d’atroces souffrances… : « Cette plante doit être arrachée la nuit ; si on l’arrache de jour, et que l’on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux et si on coupe la racine, on risque la procidence de l’anus. ».
En Chine, on raconte que Wu Zetian, unique impératrice de l’histoire de la Chine, se promenait dans ses jardins un soir d’hiver de l’an 691. Etonnée de n’y trouver aucune fleur, elle ordonna à celles-ci de fleurir pendant la nuit. Toutes les fleurs s’exécutèrent excepté la pivoine qui refusa de fleurir hors saison. L’impératrice, humiliée, bannit alors toutes les pivoines de sa ville, Xi’an, et les renvoya à Luoyang, qui devint plus tard la capitale de la fleur.

La pivoine trouve aussi sa place dans l’histoire de France : au Moyen Age, les bracelets de graines de pivoine permettaient d’après la légende de se protéger des mauvais esprits, des maladies et des tempêtes.
Il paraîtrait que sous la dynastie Ming, il existait déjà plus de quatre-vingts espèces de pivoines et que celles-ci entouraient le palais d’été des empereurs chinois de l’époque.
USAGES
Les Japonais sont friands de la fleur de pivoine. Ils la consomment comme légumes pour accompagner les nombreux plats de poissons.
Toutes les jeunes filles japonaises d’un milieu traditionnel possèdent un kimono en soie représentant des pivoines.
MOT DE LA FLEUR
Pour les Chinois, la pivoine est riche de symboles : on l’associe à la beauté féminine et à l’amour, mais elle est aussi l’emblème de l’abondance et de la réussite sociale.
Le mythe de la nymphe Péone nous rappelle que la pivoine peut être aussi synonyme de honte : Péone avait en effet enfreint le code de la pudeur et fut pour cette raison transformée en fleur.

Dans nos sociétés occidentales, la pivoine est plutôt symbole de sincérité et de timidité, on dit aussi d’elle qu’elle apporte la protection. Associée à d’autres fleurs dans un bouquet, elle renforce leur message.
SAVEZ-VOUS
- Connaissez vous l’expression « rougir comme une pivoine »le sentiment de honte ressenti par la nymphe Péone, qui fut transformée en cette fleur, pourrait en être à l’origine. Mais il vaut mieux être rouge « comme une pivoine » que rouge « comme une tomate », laissons parler la poésie.
- Le pavillon aux pivoines
Un opéra chinois du XVIe siècle, spectacle d’une durée d e 20 heures a été proposé enfin dans son intégralité et présenté en plusieurs fois à la Grande halle de la Villette.
- La pivoine fut une immense source d’inspiration pour le peintre Edouard Manet (1832-1883). On la retrouve en fleurs coupées, notamment dans « le vase aux pivoines » et « branches de pivoines blanches et sécateur ». La forme et le rythme de ses pétales évoquaient la complexité des sentiments passionnels et aussi la fragilité de la vie.
Dans son poème « pétales de pivoine », Apollinaire associe la fleur à la beauté féminine.
Trois pétales de pivoine
Rouges comme une pivoine
Et ces pétales me font rêver
Ces pétales ce sont
Trois belles petites dames
A peau soyeuse et qui rougissent
De honte
D’être avec des petits soldats
Elles se promènent dans le bois
Et causent avec les sansonnets
Qui leur font cent sonnets…
(La Pivoine de Guillaume Apollinaire)
- Dans le nord et en Belgique on protégeait les nouveaux nés de l’épilepsie et des douleurs dentaires en accrochant au dessus du berceau un collier fait de 32 graines de pivoines trempées dans de l’eau bénite enfilées avec une aiguille neuve et un fil rouge (il pour éviter que le pic vert, qui se fallait que les graines soient cueillies de nuit considère comme le seul possesseur des graines ne nous crève les yeux).
- Vous aimez le parfum ensorcelant de la pivoine ? Guerlain l’a décliné dans son parfum « aqua allegoria », où les essences de la fleur sont sublimées par la bergamote et le pamplemousse rose. Thierry Mugler propose aussi une variation de son parfum mythique Angel avec « Pivoine Angel », qui marie la force du patchouli à la douceur de la pivoine
- Sans oublier Pivoine , héroïne du roman de Pearl Buck ...et impératrice de Chine , ni le joli petit bouvreuil-pivoine ,rondouillet , à la tête et aux ailes noires et au ventre rose-orangé.
Et puis mon surnom de "Pivoine" qui me fut donné par mon homme, celui qui a toujours marché à côté de moi tout au long de la vie, lui sur le trottoir, moi dans le caniveau, sans que jamais nous ne nous trouvions ensemble sur le trottoir. Et au moment où enfin nous allions pouvoir cotoyer la vie ensemble, le destin me l'a cruellement enlevé sans que j'ai pu avoir le temps de lui dire le "oui" qu'il attendait depuis 25 ans. C'est en son hommage que je garde ce nom.
(Condensé de maintes recherches)
